Levi Strauss mesure le bien-être de ses travailleurs grâce à la blockchain

Alors qu’un rapport de l’ONG Human Rights Watch dénonce les conditions de travail déplorables des ouvriers dans des usines de fabrication de vêtement au Pakistan, la société Levi Strauss annonce qu’elle fait un pas de plus dans l’évaluation des conditions de travail de ses travailleurs et de leur bien-être. 

La société a en effet annoncé travailler sur un outil basé sur la blockchain pour mesurer le bien-être de ses travailleurs via son programme Worker Well-Being (WWB) lancé en 2011. 

La blockchain est apparue pour la première fois en 2009 lorsque le Bitcoin (BTC) a été lancé. Ce dernier reposait sur une technologie semblable à un registre distribué, public et décentralisé.

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Cette technologie permet de faire des transactions de pair-à-pair sans avoir recours à un organisme central. La blockchain étant virtuelle, les transactions sont validées par un réseau d’ordinateurs qui les inscrit ensuite de manière immuable dans la blockchain. 

Ainsi, cette technologie permet des transactions plus sûres, plus rapides et surtout plus transparentes. 

Mais elle n’est pas réservée qu’aux crypto-devises ou au secteur de la finance. Il y a en effet de nombreux autres secteurs d’activité qui décident d’exploiter son potentiel : alimentation, éducation, automobile, etc.  

Et l’univers du textile n’y échappe pas ! 

Levi Strauss mesure le bien-être de ses travailleurs grâce à la blockchain 

En effet, Levi Strauss a voulu utiliser une évaluation plus transparente des conditions de travail de ses travailleurs. Et quoi de mieux qu’une solution basée sur la technologie de la blockchain pour le faire ? 

Pour développer cette nouvelle manière d’évaluation basée sur la blockchain Ethereum (ETH), l’entreprise s’est associée à ConsenSys, mais pas seulement. 

En effet, il s’agit d’un partenariat entre Levi Strauss, le groupe de réflexion américain New America et SHINE. The Sustainability and Health Initiative for NetPositive Enterprise ou SHINE fait partie de l’école supérieure de santé publique de Harvard explique. 

Pourquoi la blockchain est-elle une solution innovante dans les chaînes d’approvisionnement ? 

« Au cours des 25 dernières années, le travail dans les chaînes d’approvisionnement a été contrôlé principalement par des audits. La recherche et les événements traumatisants graves nous ont appris que ce système n’est pas efficace à lui seul. Un système d’enquête distribué sur la blockchain qui va directement à la source offre une nouvelle solution » a expliqué Dr Eileen McNeely – Directrice de SHINE. 

Elle ajoute également que « la plupart des cas d’utilisation de la chaîne d’approvisionnement sont pour le suivi des matériaux ».  

« Ainsi, l’utilisation de cette nouvelle technologie pour l’évaluation de la condition humaine est une innovation passionnante. Sans parler du large potentiel d’impact positif sur le bien-être des travailleurs dans le monde entier » ajoute-t-elle. 

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Comment cette initiative participe-t-elle au projet de Levi Strauss d’influencer l’industrie du vêtement ? 

Rappelons que cette initiative fait partie du WWB de Levi Strauss. Le Worker Well-Being est actuellement implanté dans 12 pays et touche près de 100 000 travailleurs depuis 2016 

La société explique que WWB a entrainé des avantages sociaux mais aussi commerciaux durables. Ces avantages éprouvés se retrouvent d’ailleurs à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement. Levi Strauss déclare aussi avoir connu « un rendement du capital investi de 4:1 pour certains programmes ».  

New America a déclaré que cette collaboration « élargira le travail de l’initiative. En effet, cela permettra de développer un mécanisme évolutif sur le long terme permettant de suivre et de mesurer de façon anonyme et sécuritaire le bien-être des travailleurs grâce à une solution de blockchain immuable et authentifiée par voie numérique ». 

Ce nouveau système fournira donc une vue d’ensemble des conditions de travail, de la santé et du bien-être des travailleurs.

Il ne s’agit pas seulement de savoir comment les travailleurs se sentent au travail. L’enquête posera des questions personnelles sur la santé, la famille, les finances, etc.

De plus, les travailleurs pourront s’exprimer ouvertement et anonymement sur leurs managers et leurs conditions de travail. Cet anonymat, assuré par l’utilisation de la blockchain, leur permettra de ne pas subir de représailles. 

Cette enquête sera d’abord appliquée dans trois usines au Mexique en 2019 et couvrira 5 000 employés. En fonction des résultats, d’autres pays pourraient être intégrés au programme. 

Ainsi, alors que Levi Strauss veut devenir un modèle de standards dans l’industrie textile, la blockchain pourrait lui permettre de développer un modèle facilement reproductible. C’est aussi la raison pour laquelle ses outils et autres ressources WWB sont disponibles au public.