Royaume-Uni : la régulation des cryptomonnaies pourrait prendre « jusqu’à deux ans »

Dans un communiqué de presse daté du 11 octobre, Jeff Kaufmann, le directeur juridique de la firme Reynolds Porter Chamberlain (RPC), a estimé que la régularisation du marché des cryptodevises au Royaume-Uni pourrait prendre jusqu’à deux ans. À l’instar d’autres pays occidentaux, le pays tarde à prendre en compte les monnaies virtuelles issues de la blockchain, malgré la demande des particuliers, de plus en plus nombreux à investir en cryptomonnaies.

Le Royaume-Uni pourrait mettre du temps à créer un cadre légal pour les cryptos

Les Britanniques tardent à légiférer

Les cryptomonnaies ne sont pas le seul domaine où les lois avancent lentement. Historiquement, le moindre changement affectant le Trésor britannique (HM Treasury) peut prendre quelques années avant d’être effectif, la faute à un processus d’acceptation lent et ramifié. Et tout cela est compliqué par l’intervention de la Financial Conduct Authority (FCA), l’autorité en charge de réguler les acteurs financiers agissant au Royaume-Uni. Pour Kaufmann, ce processus peut donc être très long, d’autant plus qu’on ne sait toujours pas si les autorités financières ont les compétences et les connaissances requises.

Trouver l’équilibre

Cela dit, le Royaume-Uni n’est pas seul à avoir ses doutes. Beaucoup de pays occidentaux font face aux mêmes problèmes lorsqu’il s’agit d’encadrer le Bitcoin (BTC), l’Ethereum (ETH) et toutes les autres cryptomonnaies. Ils sont dus d’une part à l’absence de précédent : il est difficile de légiférer sur un sujet extrêmement nouveau. Rappelons que le Bitcoin a moins de 10 ans, il n’y a donc aucun recul sur ce type de pratiques financières, qui nécessitent un cadre légal entièrement nouveau.

D’autre part, on ne peut nier la pression exercée par les grandes institutions. L’État a peu d’intérêt à laisser proliférer des monnaies virtuelles qui pourraient potentiellement remplacer les espèces qu’il contrôle. Et les banques sont aussi très hésitantes devant des procédés qui viennent menacer leur hégémonie. En somme, les pays occidentaux savent bien qu’ils seront obligés un jour de légiférer, mais ils hésitent avant de sauter le pas.

Le Trésor anglais et la FCA : deux institutions massives peu formées aux cryptos

Qui gagnera la course ?

Pourtant, comme le souligne Kaufmann, la course à la législation pourrait bien être cruciale : « La course pour établir un régime fonctionnel et régulé pour les cryptomonnaies vaut la peine d’être gagnée, car leur utilisation s’étend en Europe et dans le monde. La création d’une plaque tournante des marchés des cryptodevises pourrait avoir un effet positif sur les entreprises servant ces marchés, comme les courtiers, les banques d’investissements et les dépositaires, mais aussi augmenter les taxes gagnées par les autorités. »

Pour le Royaume-Uni, l’enjeu ne s’arrête pas là. Face à des conséquences du Brexit s’annonçant plus complexes que prévu, le pays doit prouver sa légitimité financière sans l’appui de l’Union européenne. Les cryptomonnaies et leur développement pourraient donc être une piste viable pour mitiger les effets de la sortie de l’Union. Reste à voir si le pays saura surmonter ses hésitations et accepter pleinement la révolution blockchain.