Les cryptomonnaies et les altcoins autour du monde : où sont-elles acceptées et interdites ?

Si l’avènement des crypto-monnaies autour du monde est maintenant difficilement contestable, les lois qui les entourent et les attitudes des gouvernements varient beaucoup. Certains pays comme l’Ouganda ou le Venezuela affichent une attitude favorable aux cryptodevises, avec des initiatives publiques et privées qui capitalisent sur ces nouvelles technologies. À l’inverse, d’autres pays sont plus frileux : c’est le cas de la Chine, qui a commencé à travailler sur la blockchain, mais interdit toujours à ses résidents l’accès aux plateformes d’échange.

De manière logique, ce sont les pays les plus instables économiquement qui s’intéressent le plus à des technologies financières novatrices, car elles pourraient leur permettre de trouver des solutions en dehors des systèmes bancaires. À l’inverse, des pays très établis financièrement comme les États-Unis ou le Royaume-Uni freinent des quatre fers quand il s’agit de légiférer. Mais cela ne devrait plus durer.

Car globalement, les particuliers ont déjà sauté le pas que les gouvernements hésitent à franchir : il existe une vingtaine de distributeurs à Bitcoins (BTC) à New York. On estime que 3 millions de Chinois possèdent des Bitcoins, et selon une étude de Blockchain Capital, 30 % de la génération Y préférerait investir dans des crypto-actifs plutôt que dans l’immobilier. La révolution blockchain est donc en cours, à des niveaux d’adoption différents.

Voici une vue globale de l’avancée des cryptos à travers le monde.

En Afrique

L’Afrique est un continent plutôt ouvert aux altcoins. Des pays comme le Zimbabwe, qui vivent une crise économique forte, voient dans les monnaies virtuelles une opportunité nouvelle. Avec le Botswana, le Ghana, le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud, ils mènent la charge pour une Afrique des altcoins. Le tout est rendu possible par la prolifération des smartphones, qui rend la jeune population africaine très connectée. Les géants de la FinTech l’ont bien compris, comme Binance qui a ouvert une filiale en Ouganda en 2018.

Les gouvernements ont des stratégies peu uniformes quand il s’agit d’adopter les cryptodevises. Mais ils semblent s’accorder pour dire que les technologies développées pourraient apporter une aide logistique et humanitaire aux pays dans le besoin. Si l’Ouganda et le Niger autorisent les cryptos, c’est encore mitigé au Kenya par exemple. La banque centrale y a lancé un avertissement en avril 2018 conseillant aux banques de rejeter les transactions liées aux monnaies virtuelles.

Pour des pays d’Afrique du Nord comme l’Égypte, c’est encore plus compliqué : le gouvernement légifère à l’encontre des altcoins, . La Banque centrale n’a d’ailleurs pas autorisé l’ouverture de sites d’échanges dans ce pays. Cette attitude sévère à l’égard des technologies de la blockchain reste cependant plutôt rare sur le continent : dans la grande majorité, les pays africains autorisent le trading de cryptodevises. On peut même acheter du Bitcoin au Maroc depuis de très nombreuses années.

Aux États-Unis

Outre-Atlantique, le gouvernement américain danse une valse entre acceptation des crypto-monnaies et refus d’autoriser ces nouveaux actifs. En conséquence, certains courtiers internationaux tardent à s’y implanter. Mais le Congrès se dégèle petit à petit : une réunion de juillet 2018 a montré que les détracteurs du Bitcoin (BTC) et des altcoins, parmi lesquels le virulent Brad Sherman, deviennent de moins en moins nombreux.

Pour autant, la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine a reporté cette année sa décision concernant une demande de fonds négociés en Bourse (ETF) pour le Bitcoin. Une erreur pour beaucoup d’acteurs, qui estiment que cette approbation pourrait permettre de protéger les investisseurs et mieux réguler des marchés qui restent largement non surveillés.

Cela dit, les choses avancent : Gemini, la plateforme d’échange des Winklevoss qui propose des achats de Bitcoin, des achats d’Ethereum (ETH), de Zcash (ZEC) et de Litecoin (LTC), a été la première à être régulée par le Département des Services Financiers de New York (NYSDFS). Ce premier pas devrait permettre à d’autres plateformes d’échanges et brokers d’offrir un cadre régulé en Amérique, et donc plus de choix et de sécurité pour les traders.

Au Japon

Le Japon, avec sa bouillonnante culture de la tech, a été un des premiers pays à s’intéresser aux monnaies virtuelles et à la technologie des registres distribués. Le pays a récemment ouvert une nouvelle branche de son organe d’Autorité des Services Financiers. Le but est de permettre au gouvernement de se tenir au fait des derniers développements de la FinTech et des altcoins.

Les plateformes d’échange suivent également cette tendance, car elles ont décidé de former une organisation autorégulatrice, avec des propositions de mesures pour la législation des crypto-actifs. Pour les investisseurs, il est donc très facile d’acheter des crypto-monnaies et altcoins au Japon, grâce à des plateformes comme Coincheck ou Bitbank par exemple.

Le Japon est actuellement un des pays les plus ouverts aux cryptodevises

En Chine

Le gouvernement chinois ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée des crypto-monnaies et altcoins, qui viennent directement concurrencer la monnaie fiduciaire du pays. Cela dit, l’autorité de régulation des banques chinoise a appelé à plus de régulations autour des Initial Coin Offering (ICOs) et des actifs digitaux, plutôt que d’ignorer ce domaine comme elle le faisait jusque-là. C’est donc un premier pas vers plus d’acceptation pour les investisseurs chinois.

Du côté des grandes entreprises, on a pu voir la Banque agricole de la Chine, la quatrième banque mondiale, commencer des essais sur la technologie blockchain. Le gouvernement sera donc sans doute forcé de suivre la tendance : on estime à l’heure actuelle que plus de trois millions de Chinois possèdent du Bitcoin. Et c’est sans compter sur les très nombreux pools de minage de BTC, qui ont poussé comme des champignons dans le pays ; ils figurent parmi les plus nombreux de la planète.

Si les investissements en crypto-monnaies ne sont donc pas officiellement autorisés par le gouvernement, ils restent une réalité pour le pays. Et son poids économique considérable devrait peser sur les marchés dans les années à venir.

En Amérique latine

L’Amérique latine se trouve dans une situation similaire à celle de certains pays africains. Face à des crises financières sans précédent, les gouvernements se voient obligés de laisser libre cours aux cryptodevises. Cela a boosté les achats de Dash (DASH) et d’autres altcoins, qui parviennent à s’implanter dans ces territoires sinistrés économiquement.

Au Venezuela, le gouvernement a même essayé de prendre le train en marche en créant Petro, une cryptodevise, comme seconde unité de compte légale. Mais cet altcoin, qu’on ne peut même pas trader, a été uniformément considéré comme une arnaque par la crypto-communauté.

Reste que l’intérêt pour les crypto-monnaies est bien présent : un sondage de Ripio montrait même qu’un quart des Argentins interrogés estiment que la blockchain supplantera les systèmes financiers actuels d’ici à cinq ans. On devrait donc voir de plus en plus de lois favorables aux altcoins dans la région.

Acheter du Bitcoin au Chili (article en espagnol)
Acheter du Bitcoin au Mexique (article en espagnol)
Acheter de l’Ethereum au Mexique (article en espagnol)
Acheter du Bitcoin au Paraguay (article en espagnol)
Acheter du Bitcoin en Uruguay (article en espagnol)
Acheter du Bitcoin en Argentine (article en espagnol)
Acheter du Bitcoin en Colombie (article en espagnol)
Acheter du Bitcoin au Pérou (article en espagnol)
Acheter du Bitcoin au Venezuela (article en espagnol)
Acheter de l’Ethereum en Colombie (article en espagnol)
Acheter de l’Ethereum au Chili (article en espagnol)

Autres pays

Vous pouvez trouver d’autres informations sur la légalité des achats de cryptodevises de plusieurs pays en consultant les liens suivants :

Acheter de l’Ethereum au Canada (article en français)
Acheter de l’Ethereum en Suisse (article en français)
Acheter de l’Ethereum avec des USD (article en français)
Acheter du Litecoin avec des USD (article en français)
Acheter du Ripple avec des USD (article en français)
Acheter du Bitcoin en Belgique (article en français)
Acheter de l’Ethereum en Belgique (article en français)
Acheter du Bitcoin en Suisse (article en français)
Acheter du Bitcoin en Australie (article en anglais)
Acheter du Bitcoin au Canada (article en anglais)
Acheter du Bitcoin en Chine (article en anglais)
Acheter du Bitcoin en Inde (article en anglais)
Acheter du Bitcoin au Pakistan (article en anglais)
Acheter du Bitcoin en Afrique du Sud (article en anglais)
Acheter du Bitcoin en Thaïlande (article en anglais)
Acheter du Bitcoin au Royaume-Uni (article en anglais)
Acheter du Bitcoin au Vietnam (article en anglais)
Acheter du Bitcoin aux États-Unis (article en anglais)

Vous l’aurez compris, si vous souhaitez acheter des crypto-monnaies et altcoins, il faut d’abord se renseigner sur les lois qui régissent votre pays de résidence. Rassurez-vous cependant : à moins d’être résident chinois, nord-coréen, iranien, syrien ou cubain, il y a peu de risques que les crypto-actifs soient illégaux pour vous. Et les gouvernements avancent de plus en plus sur le sujet : on devrait voir dans les prochaines années de grandes vagues de régulations arriver pour les cryptodevises.

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